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Revue de The Great Escaper : Quelle performance finale de feu Glenda Jackson

Le grand évadé est destiné à divertir un certain type de cinéphiles britanniques friands de comédies à grande échelle sur le fish and chips – d’autant plus qu’il met en vedette Michael Caine.

Caine incarne Bernard « Bernie » Jordan, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale âgé de 89 ans qui a fait la une des journaux en 2014 lorsqu’il a disparu de sa maison de retraite à Hove. N’ayant pas réussi à obtenir des billets officiels pour assister aux commémorations du 70e anniversaire du Débarquement, il a traversé la Manche seul, en mobilité walker et tout, sans en parler à personne sauf à sa femme.

C’est une histoire réconfortante sans effort, et Caine confère à Bernie une qualité effrontée et joyeuse non diminuée et une réserve britannique inébranlable.

Des rumeurs ont circulé pendant un certain temps selon lesquelles ce serait le dernier film de Caine. Cela s’est avéré faux, mais c’était le dernier film de sa co-star Glenda Jackson, décédée en juin. Quelle performance finale c’est. Jackson incarne René, la femme de Jordan, qui l’encourage à s’amuser sans elle (elle est trop malade).

Jackson est turbulent sans jamais avoir l’impression que le film condescend René. Son corps grince mais son visage est vivant de regards tournés vers ses soignants, ainsi que d’affection et d’inquiétude pour son mari. Elle a un assemblage de « oohs » et de « ahs » théâtraux qui viennent peut-être trop de la part d’autres personnes, mais qui de Jackson semblent réels et vécus.

C’est peut-être le magnétisme de Jackson qui explique pourquoi le film fait l’erreur de passer un peu trop de temps avec René. L’amour durable du couple est raconté à travers des flashbacks, tout comme les souvenirs de la guerre, à la fois la terreur de la Normandie et la peur des femmes laissées derrière.

Ces scènes sont belles à leur manière (un Will Fletcher et Laura Marcus bien interprétés jouent les jeunes Bernie et René) mais elles fracturent aussi un peu le film, tout comme la séparation du couple moderne.

René n’a pas vraiment grand-chose à faire en attendant que Bernie rentre sain et sauf à la maison ; finalement, le scénario lui confie plutôt faiblement quelques crises d’angine et un regret invraisemblable d’avoir laissé Bernie traverser la Manche «à nouveau», mais cela ressemble à une intrigue.

Pendant ce temps, le voyage émotionnel de Bernie se porte mieux : évitant les pièges ostentatoires des événements de commémoration en France, il se lie d’amitié avec un autre vétéran britannique (John Standing), ainsi que des Allemands, et visite la tombe d’un compagnon d’armes tombé au combat.

Le film oscille trop négligemment entre des sujets qui exigent plus d’attention – la guerre, la vieillesse, le véritable amour – pour être vraiment génial, mais il contient des moments formidables, notamment ceux partagés par des vétérans en deuil. Des scènes lentes et parfois presque silencieuses exposent le ventre sombre sous cette façade effrontée et joyeuse – des scènes où les visages, et non les flashbacks, font tout le travail.

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